Valeurs et engagements

La loi de 1977 sur l’architecture déclare cette dernière d’intérêt public. Elle ne sert pas uniquement son client, financeur et/ou utilisateurs mais influe sur l’ensemble du tissu urbain et de la population qui y transitent. Être architecte, c’est donc assumer, créer puis transgresser un héritage. L’objectif de Stitch Architecture n’est pas d’apporter une seule méthode ou réponse. Les problématiques abordés sont désormais trop complexes et, malgré certaines ressemblances, trop spécifiques pour se permettre d’apporter une méthodologie préétablie, sans souplesse. 

Une architecture réparatrice tournée vers l'usager

« Une cuisine sans émotion ne peut que disparaître de votre mémoire »
Paul Bocuse

Notre idéal de pratique prend le contre-pied de ce qui se fait traditionnellement, à savoir une tendance à quantifier avant de parler d’architecture, de parler coûts avant émotions. La maîtrise budgétaire reste certes importante dans un projet. Doit-elle cependant supplanter le reste ? En France, l’accès aux concours et à la commande dans sa globalité est aujourd’hui déterminé par le chiffre d’affaire, la taille de l’entreprise d’architecture et son carnet de références en matière de projets équivalents. Dans la même veine, on mesure ensuite la qualité d’un projet par son budget, ses résultats énergétiques, la qualité de son traitement d’air et le retour sur investissement qu’il pourra apporter. Les notions d’une architecture d’émotions et d’émerveillement sont complètement oubliées de ces tableaux comparatifs. Notre époque s’attache à mesurer et quantifier tout et n’importe quoi. Alain Sarfati va même jusqu’à dire que ce qui ne se mesure pas n’existe donc pas. Lorsque l’on regarde « Le Cercle des Poètes disparus » de Peter Weir, on peut sourire en voyant le professeur apprendre de quelle manière noter un poème. Pourtant, avec l’architecture, ne sommes-nous pas en train de reproduire la même chose ? A quand les cours d’architectures visant à noter un projet par un ensemble de barèmes et de courbes ? Loin de nous décourager, nous souhaitons nous battre pour une architecture impliquée, sensible et chargée d’émotions. Au delà de l’aspect comptable des projets, nous souhaitons réhabiliter des espaces qualitatifs, propices à la résilience et à l’appropriation par leurs usagers.

Le Cercle des Poètes disparus, Peter Weir 

Une posture militante : l'architecte post-urgence

Chaque année, on dénombre près de 200 millions de personnes touchées par une catastrophe naturelle ou technologique. Ce nombre augmente si l’on considère les désastres dans leur sens large :  industrielles, économiques, sociales, écologiques…
Cependant après l’urgence, souvent très médiatisée, vient la nécessité de réparer les dommages causés par ces désastres.

Chez Stitch Architecture, nous pensons qu’il est aujourd’hui fondamental de penser l’architecture et l’urbanisme mondial en tenant compte des défis que représentent ces situations post-urgence.

L’immense champ de recherche et de projet que constituent les lieux en situation de post-urgence offre plusieurs orientations et casquettes à notre pratique d’architecte. Toutes répondent à une logique identique : sensibiliser sur l’importance du temps de la réparation plutôt que celui d’un remplacement rapide. Il ne s’agit pas seulement de rafistoler et de se targuer d’avoir conservé un morceau de mémoire du site. Les traces encore présentes, comme des brides d’histoires passées, peuvent être racontées et mêlées à celles qu’il reste à écrire. 

Le projet dans un contexte de post-urgence ne peut donc pas être dissocié de l’humain et, par extension, des habitants, des acteurs et des architectes. Ces derniers doivent être pleinement impliqués dans le sujet : combattre et assumer leurs positions plus que sur n’importe quel autre projet. Les compétences pluridisciplinaires liées à notre profession doivent nous permettre d’embrasser les différentes problématiques que représentent ces villes en situation de post-urgence et d’en saisir l’ADN pour accompagner leur mutation.

Smoke rises from tanker cars in downtown Lac-Megantic, Que., on July 6, 2013. The Transportation Safety Board says the country's two largest railways and the regional carrier responsible for the Lac-Megantic fire failed to meet their obligations for filing accident information.The federal agency says a total of 254 accidents were unreported or reported late to the TSB over a seven-year period. THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson
Photographie de Paul Chiasson

Une vision globale : les trois temps de la catastrophe

Pour répondre à ces défis d’ampleur, il est nécessaire de comprendre et de traiter l’entièreté des problématiques qu’ils soulèvent. Les éléments de résolution sont dispatchés sur trois temporalités : l’avant-crise, la crise en elle-même et l’après-crise. 

De par leur aspect inéluctable et complexe à prévoir, les mesures anti-catastrophes sont rarement efficaces. Néanmoins, il est possible de réduire les dégâts causés par ces désastres en adoptant des mesures d’anticipation adéquates. Ces mesures peuvent se traduire par une adaptation du PPRI (Plans de Prévention des Risques Inondation) et PCS (Plan Communal de Sauvegarde) aux risques nouveaux, la mise en oeuvre de dispositifs de protection des usagers ou de la prévention. 

Lors de l’après-catastrophe, il convient également de développer des mesures permettant de favoriser la résilience des usagers. Des dispositifs de consultation citoyenne (exemple à Lac-Mégantic – QC) permettent d’impliquer la population dans le processus post-urgence, permettant d’enclencher le deuil d’un territoire transformé par le désastre. La mise en place de comités guidant les opérations de réparation permet également de préserver la cohérence entre le territoire et sa population.

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