Transition écologique : La catastrophe énergétique, un enjeu mondial

catastrophe écologique et sécheresse
© Unsplash par Markus Spiske

Transition écologique partie 1 : vous y êtes !
Transition écologique partie 2 : Contexte réglementaire et confort de l’usager
Transition écologique partie 3 :  Financement et accompagnement, le cas du tertiaire

Une forme de catastrophe insidieuse

Lorsque j’ai débuté mes travaux autour du large sujet que sont les catastrophes, ma première approche s’est faite autour des désastres naturels, en particulier les séismes, appliqués à la situation de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Quelques mois plus tard, je découvrais, grâce à un voyage au Québec, un nouvel aspect des catastrophes : l’impact industriel. Au-delà du sujet de la responsabilité, qui varie nécessairement en fonction de la cause – naturelle ou humaine – j’ai noté qu’il était possible d’observer des similitudes dans les problématiques sociétales et architecturales émergeant lors de la phase de post-urgence de ces deux types de désastres.

Par la suite, de multiples rencontres m’ont permis d’élargir le champ de recherche en me penchant sur la catastrophe dans sa plus large définition. Il a alors été possible d’y rattacher un plus grand nombre de phénomènes, eux-mêmes regroupés en fonction de leur nature puis de leur origine.

Synthèse des différents types de désastres

L'impact de la catastrophe écologique

En débutant mon activité d’architecte en région lyonnaise, je me suis progressivement aperçu de l’impact d’une catastrophe plus insidieuse sur mon quotidien et celui de mes clients : la catastrophe écologique. Qu’il s’agisse de réchauffement climatique ou de la raréfaction des ressources, ces deux conséquences ont pour origine l’augmentation de l’impact écologique de l’être humain sur son écosystème, provoquant un dérèglement global de son environnement.

En 2017, le ministère de la transition écologique estimait que le secteur du bâtiment (BTP) représente 43 % des consommations énergétiques françaises, soit l’équivalent d’1,1 tonne de pétrole par an et par habitant. Au total, le secteur du bâtiment produit chaque année plus de 120 millions de tonnes de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, soit près du quart des émissions nationales. Il m’apparait donc légitime, du fait de ma profession d’architecte, de prendre part aux réflexions visant à amorcer le fameux virage écologique ou plus simplement : de tenter « de faire autrement ».

À l’inverse d’autres catastrophes, la problématique climatique n’est pas un évènement « choc » et déterminé. Lors d’une conférence de l’Institut des Risques Majeurs de Grenoble (IRMa) en 2019, Samuel Morin (chercheur, directeur du Centre National de Recherches Météorologiques) expliquait que l’évolution du climat se constatait sur une période de 50 ans. Ceci signifie que les conséquences des mesures prises aujourd’hui ne seront visibles qu’à l’horizon 2070. Néanmoins, il m’est apparu que cet aspect climatique devait entrer dans notre quotidien de concepteur-bâtisseur, notamment dans une perspective d’avenir pour les générations futures.

Concevoir et construire autrement

Ainsi courant 2019, j’ai souhaité orienter ma pratique autour de la prise en compte de l’impact énergétique du bâtiment. Ceci se traduit par une exploitation de ressources renouvelables ou présentes dans le secteur proche du projet (réduction des énergies grises), l’optimisation de l’enveloppe des bâtiments (réduction franche du besoin énergétique pour le fonctionnement d’un bâtiment) et l’amélioration du confort quotidien des usagers, à la fois du point de vue du ressenti (renouvellement d’air, température, humidité, courant d’air) et de la santé (nature des matériaux employés). Cet engagement s’est aussi soldé par une implication au sein de l’association des Architectes de la Rénovation du Rhône (ADLR69), où nous tentons collectivement d’amener le débat de la transition énergétique auprès des particuliers et des entreprises tertiaires, largement concernées par les problématiques de déperditions énergétiques.

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